En marge de la session, un protocole d'accord sur le roaming a été signé entre les régulateurs du Gabon et de la RDC, illustrant ainsi la dynamique de coopération impulsée par l'ARTAC. Concrètement, cette 10e session ordinaire de la Conférence des Régulateurs des Télécommunications de l'Afrique Centrale entendait marquer " un tournant décisif dans la construction d'un espace numérique intégré, sécurisé et souverain en Afrique centrale".
En sus des aspects techniques, cette session aura permis une refonte en profondeur de l'architecture institutionnelle de l'ARTAC avec l'adoption des statuts révisés, du règlement intérieur et du règlement financier, ainsi que le renouvellement du mandat du Comité Exécutif jusqu'à fin décembre 2027. La prochaine session extraordinaire étant fixée à Libreville et attendue pour finaliser les critères de désignation du Secrétaire Exécutif et fixer le siège social selon le principe de rotation entre États membres.
Le déploiement des satellites non-géostationnaires
Selon les régulateurs des télécommunications d'Afrique centrale, face à un taux de pénétration d'internet mobile inférieur à 30 % dans la région, les constellations en orbite basse comme Starlink, OneWeb et Kuiper représentent une chance historique de connecter les zones rurales. Leur déploiement soulève cependant des défis majeurs en matière de souveraineté, de concurrence et de sécurité. Il a ainsi été recommandé d'obliger tout fournisseur NGSO à installer au moins une passerelle terrestre dans la zone ARTAC, de les soumettre aux mêmes contributions financières que les opérateurs traditionnels, de garantir la localisation des données des citoyens d'Afrique centrale sur le continent et de mettre en place un cadre harmonisé pour prévenir les interférences et protéger les réseaux existants.
La sécurité des services financiers numériques érigée en priorité absolue
Avec l'essor fulgurant du mobile money et des paiements dématérialisés, la sous-région fait face à des menaces croissantes, notamment les fraudes à la carte SIM, les cyberattaques et les vulnérabilités des infrastructures. Les régulateurs ont adopté une série de recommandations issues des standards de l'Union Internationale des Télécommunications. Il s'agit notamment de renforcer les mesures de sécurité des plateformes de paiement mobile, d'obliger les opérateurs à reporter les incidents de sécurité, d'harmoniser les cadres juridiques relatifs à la protection des données financières et de sensibiliser davantage les utilisateurs aux risques numériques.