SUP TECH | CEMAC : La COBAC prépare une plateforme d'échanges de datas dédiée à la supervision des opérations de change manuel


Par DMF | 


Dans une dynamique de modernisation de la supervision prudentielle, la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC) a publié ce jour un appel d’offres international pour la conception et le déploiement d’une plateforme d’Échange de Données Informatisé (EDI). Cet outil vise à automatiser la surveillance des opérations de change manuel au sein des six pays de la CEMAC.

Cette initiative devra donc marquer une étape décisive dans la transformation numérique des autorités monétaires de la sous-région. Face à la multiplication des canaux de change et aux risques de non-conformité, la COBAC veut passer d’une logique de contrôles a posteriori à une supervision dynamique et en temps réel. En effet, selon l’avis d’appel d’offres (AAO N° 01/COBAC/DSI/2026), la future plateforme devra permettre "la collecte automatisée et instantanée des données déclaratives issues des bureaux de change".

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Au-delà de la simple centralisation, "ce système devra intégrer des modules avancés d’analyse, de visualisation et de détection précoce d’anomalies", « l’objectif étant de passer d’une supervision statique à une supervision algorithmique". En tout état de cause, la plateforme devra générer des alertes automatiques en cas de comportements suspects, de non-respect des limites de change ou de tentatives de blanchiment de capitaux », précise-t-on au niveau de la COBAC.

Un marché exigeant pour des spécialistes de la RegTech

Le marché, d’envergure régionale, est ouvert aux entreprises ou groupements internationaux justifiant d’une expérience avérée dans le développement de systèmes d’information critiques, en particulier dans les secteurs financier, bancaire ou réglementaire. Au reste, les critères d’évaluation porteront notamment sur la robustesse de l’architecture et la cybersécurité intégrée ; la capacité à traiter des données à grande échelle ; l’expérience en solutions SupTech (Supervisory Technology) ou RegTech (Regulatory Technology).

Il ressort que ce projet entend s’inscrire dans le plan stratégique de la COBAC visant à harmoniser et digitaliser les contrôles bancaires dans l’espace CEMAC (Cameroun, Congo, Gabon, Tchad, RCA, Guinée Équatoriale). En gros, en internalisant via cet EDI la supervision des changes manuels – souvent vecteurs d’informalités – la Commission va donc sans doute travailler à réduire l’asymétrie d’information avec les déclarants et lutter plus efficacement contre les fuites de capitaux.