CAMEROUN :  L'atelier de clôture du projet d'inclusion financière Finance4ALL porté par Simplon Africa et PPI tenu à Yaoundé le 15 juillet 2026


Par Jesus POUTH |


L’atelier de clôture et de capitalisation du projet Finance4ALL, organisé le 15 juillet 2026 à Yaoundé sous l’égide d’Expertise France, du MEAE français et de l’ONG People Power Inclusion, a posé un jalon important dans la réflexion sur l’inclusion financière numérique en Afrique. Pour conférer à cette dynamique technologique et sociale toute sa force réglementaire, le Ministère des Finances (MINFI), par la voix de la Direction Générale du Trésor, est intervenu comme caution publique et institutionnelle de premier plan, en définissant trois piliers de régulation incontournables : la transparence des coûts, la sécurité des données et l'efficacité des voies de recours. 

Photo de famille (c) du 15 juillet 2026

La clôture du projet Finance4ALL, le 15 juillet 2026 à Yaoundé, a été l’occasion d’un bilan approfondi des avancées et des défis de l’inclusion financière numérique en Afrique. Organisé sous l’égide d’Expertise France, du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères (MEAE) français et de l’ONG People Power Inclusion, cet atelier de capitalisation a réuni l’ensemble des parties prenantes de l’écosystème financier numérique : autorités publiques, régulateurs, banques et institutions de microfinance, fintechs, organisations de la société civile et associations de consommateurs. 

En ouverture des travaux, les parties prenantes ont souligné l’urgence de renforcer les mécanismes de protection des utilisateurs de services financiers numériques, alors que la bancarisation mobile et les paiements électroniques connaissent une croissance exponentielle dans la sous-région. Les résultats présentés au cours de la session 2 ont mis en évidence des avancées tangibles en l'occurrence plateforme numérique opérationnelle, modules d’e-learning déployés, et développement d’un outil comparatif des services financiers, autant d’instruments conçus pour faciliter l’accès à des produits financiers clairs et adaptés.

Les témoignages des organisations de la société civile (OSC) bénéficiaires, ont illustré les transformations opérées à la base. C’est-à-dire les formations reçues, le coaching, le renforcement des capacités, et surtout une amélioration significative de la connaissance des droits des consommateurs. Des freins ont été également identifiés, notamment l’alphabétisation numérique et l’accès à l’information dans les zones rurales, rappelant que l’inclusion numérique ne saurait se réduire à la seule disponibilité technique des infrastructures.

UNE TRIPLE OBLIGATION DE TRANSPARENCE, DE SÉCURITÉ ET D'ÉQUITÉ IMPOSÉE AUX PRESTATAIRES

Afin de pérenniser les acquis du projet portés par Simplon Africa et PPI, Antoine Eric ELA, représentant du MINFI, a d'abord insisté sur le devoir de transparence des coûts, visant à éradiquer l'asymétrie d'information qui lèse fréquemment les consommateurs face à des tarifications obscures. Il a fermement rappelé qu’« aucun frais caché ne doit surprendre l’utilisateur final du service financier numérique » et que l’information sur les tarifs et les conditions contractuelles doit être « simple, claire et disponible avant les transactions ». 

Parallèlement, face à la sophistication croissante des attaques cybernétiques, le ministère des Finances érige désormais la protection des données personnelles au rang de priorité de souveraineté nationale. Dès lors, la sécurité des infrastructures n'est plus une option commerciale, mais une obligation de conformité stricte pour laquelle les opérateurs doivent consentir d'importants efforts financiers : « Le deuxième point c'est la sécurité et la confidentialité. Aujourd'hui, à l'heure de la cybercriminalité galopante, la protection des données à caractère personnel des citoyens doit devenir une priorité de souveraineté, les prestataires des services de paiement ont l'obligation de notre point de vue d'investir massivement dans la sécurisation de leurs infrastructures. »

Enfin, pour corriger le déséquilibre systémique entre les usagers et les institutions financières, le représentant ministériel exige une refonte globale du traitement des litiges. Les voies de recours doivent être repensées pour garantir une justice financière de proximité, particulièrement dans l'arrière-pays : « Le troisième point enfin, c'est l'efficacité des recours. Le consommateur ne doit plus se sentir démuni, face à une défaillance technique ou une fraude. Le traitement des réclamations doit être encadré davantage par toutes les institutions de supervision et porté par certaines associations de protection des consommateurs. Ils doivent être rapides, gratuits, accessibles, à tous même dans les zones les plus reculées »

LES JALONS D'UN ÉCOSYSTÈME ASSAINI APRÈS LE PROJET FINANCE4ALL

Bien que l'atelier de capitalisation ait mis en avant les solutions innovantes conçues par Simplon Africa et PPI telles qu'un outil de comparaison des tarifs et une plateforme d'e-learning pour les consommateurs, ces outils n'atteindront leur pleine efficacité que s'ils s'adossent aux règles présentées par les autorités publiques. L'implication conjointe des organes de supervision et des associations de défense des consommateurs s'avère indispensable pour veiller à l'application rigoureuse de ces directives sur le terrain.

En définitive, pour les acteurs de la LegalTech et des Fintechs opérant au Cameroun, le message de la DGTCFM est sans équivoque. Le développement des services financiers numériques doit désormais s’aligner sur les critères d’éthique et de sécurité juridique consolidés par les autorités, plaçant le respect et la protection du citoyen au centre des priorités de l'écosystème.