CEMAC | CAMEROUN : Une session de l'Africa Payments & Identification Digital Expo se prépare sur les paiements et l’interopérabilité en CEMAC


Par la rédaction |


Douala accueille l’édition spéciale Cameroun de l’APIDE les 9 et 10 novembre 2026, sur les paiements et la finance digitale. Placée sous le thème « Les paiements, catalyseurs de la finance digitale », cette rencontre réunira régulateurs, banques, fintechs et opérateurs télécoms pour débattre des défis de l’interopérabilité, de la supervision prudentielle et de la lutte contre la fraude dans l’espace CEMAC.

L’écosystème des paiements numériques en Afrique centrale franchit une nouvelle étape avec la tenue, les 9 et 10 novembre 2026 à Douala, de l’édition spéciale Cameroun de l’APIDE (Africa Payments & Identification Digital Expo). Cet événement, qui rassemblera plus de 25 intervenants et 250 participants, se positionne comme un pont entre les écosystèmes du paiement digital, de l’identification et de la cybersécurité en Afrique francophone et anglophone.

L’INTEROPÉRABILITÉ ET LA SUPERVISION AU CŒUR DES ENJEUX

La première journée de conférences, prévue le 10 novembre, s’ouvrira par une keynote inaugurale consacrée à l’interopérabilité en zone CEMAC. Guy-Noël Londomgo, du GIMAC, présentera l’état d’avancement de l’architecture régionale et les enjeux de gouvernance et de répartition des coûts pour un passage à l’échelle. Ce thème est central pour la BEAC et la COBAC, qui doivent concilier l’ouverture des infrastructures aux fintechs et la nécessité de préserver la stabilité financière.

Le premier panel de la journée abordera la mise en service de SYSTAC 2 et la supervision des paiements au Cameroun. Les échanges porteront sur l’impact de ce nouveau système sur les délais de règlement-livraison, le renforcement de la supervision de la BEAC sur les établissements de paiement et les opérateurs de mobile money, ainsi que sur la gestion des risques systémiques et l’intégration du PAPSS. Ce panel réunira des représentants de la BEAC, de la COBAC, de PAPSS, de la Commercial Bank Cameroun et de l’APECCAM, illustrant la nécessité d’une coordination étroite entre les régulateurs, les banques et les opérateurs de paiement.

L’après-midi sera consacré à la cybersécurité et à la fraude financière dans les paiements mobiles. Les intervenants, parmi lesquels Pr Ebot Ebot Enaw (ANTIC), Pr Philémon Zo’o Zame (ART) et des représentants du GIMAC et de Wafacash, examineront la typologie des fraudes, les outils de détection basés sur l’intelligence artificielle et la nécessaire coopération intersectorielle pour protéger les usagers et les infrastructures. Ces discussions s’inscrivent dans la droite ligne des préoccupations exprimées lors des récentes rencontres de la COBAC sur l’IA et les nouvelles fintechs.

UN RENDEZ-VOUS POUR L’INCLUSION FINANCIÈRE ET L’IDENTITÉ NUMÉRIQUE

Au-delà des aspects techniques, l’APIDE 2026 mettra l’accent sur l’inclusion financière et la transformation numérique de l’administration. Le panel 2 sera consacré à l’identité numérique et à l’e-gouvernement, avec la participation de l’ANTIC, du CENADI, de la CDEC et du BUNEC. Les échanges porteront sur l’interconnexion des données et la digitalisation des services publics, l’État étant appelé à jouer le rôle de premier client du digital.

Une keynote stratégique clôturera la matinée sur l’essor des fintechs au Cameroun, avec les interventions de Patrick Benon (Orange Cameroun) et Wanda Matandela (MTN Cameroon). Les discussions porteront sur le rôle des fintechs dans le désenclavement financier des zones rurales, les modèles de collaboration avec les banques et les conditions d’accès au capital. L’événement sera également rythmé par des « Innovation Talks » présentés par les partenaires (S2M, DataProtect, Techso Group), ainsi que par un espace B2B permettant des rendez-vous ciblés entre décideurs.

En réunissant régulateurs, institutions financières, opérateurs télécoms et fintechs autour d’une même table, l’APIDE 2026 illustre la maturité croissante de l’écosystème des paiements en Afrique centrale. Il confirme que la construction d’un marché régional des paiements interopérable, sécurisé et inclusif passe par un dialogue continu entre les autorités de supervision et les acteurs du terrain.