Dans son mot prévu pour le lancement officiel des activités de Creditinfo Central Africa (CICA) S.A en qualité de premier bureau d’information sur le crédit (BIC) de la CEMAC, le gouverneur de la BEAC, en présence du Vice-Président pour l’Afrique de la Société Financière Internationale, de la Directrice de Division pour le Nigéria et l’Afrique Centrale de la Société Financière Internationale, du Président du Conseil d’Administration de la société Créditinfo Central Africa, a souligné d'emblée que " le Projet « Credit bureau » a démarré en 2014, pour faire suite à l’une des recommandations issues de la conférence internationale organisée à Libreville en juin 2013, sur le financement des économies de la CEMAC, notamment sur le rôle institutionnel des Banques Centrales en matière de financement des économies et la dynamisation du secteur financier."
De cette rencontre, il est apparu que la mise en place de projet va constituer une réponse à la nécessité de disposer de centrales d’informations financières fiables susceptibles de réduire significativement l’asymétrie d’informations entre détenteurs et demandeurs de capitaux, l’un des freins identifiés au financement du secteur privé dans la Sous-région CEMAC, notamment des petites et moyennes entreprises ainsi que des ménages.
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Pour les autorités de la banque centrale, l’objectif assigné à ce projet consiste à promouvoir l’activité des BIC dans la CEMAC afin d’assurer une meilleure appréciation de la solvabilité des emprunteurs, pour faciliter leur accès au crédit à moindre coût, et contribuer à l’amélioration de la qualité des portefeuilles de crédit des établissements prêteurs par la réduction du taux de créances en souffrance.
Le Président de la COBAC a saisi l'occasion pour rappeler que les différentes phases de mise en œuvre de ce projet s’articulaient autour de i) la mise ne place d’un cadre règlementaire propice à l’activité des BIC dans la CEMAC, ii) l’agrément d’un premier BIC et, iii) l’élaboration des procédures de contrôle et de supervision des BIC.
PREMIER MAIS PAS SEUL
Les activités de CREDITINFO CENTRAL AFRICA, qui bénéficie depuis le 21 novembre 2025 d’un agrément en tant que BIC de la CEMAC, suivant la Décision du Gouverneur n°142/GR/2025 de la même date ne doit pas faire croire qu'il s'agit d'un monopole. CICA se positionne davantage comme moyen d'expérimenter la réglementation adoptée et déployer le troisième jalon en relation avec les procédures de contrôle et de supervision des activités des BIC qui sera, selon la BEAC, mis en œuvre au cours de cette année, suivant les termes du nouveau cadre de coopération entre la BEAC et la SFI, en cours de finalisation.
Au demeurant, CICA peut se déployer aujourd'hui grâce à la collaboration entre la Banque Centrale et la SFI, qui ont travaillé pour la réalisation de l’accord de coopération en vigueur entre les deux Institutions. La SFI ayant mis à la disposition de la BEAC son expertise et un ensemble de consultants qui ont œuvré à l’élaboration d’un cadre règlementaire conforme aux meilleurs standards en matière de bureau d’information sur le crédit.
La BEAC rappelle qu'au demeurant, le cadre règlementaire des BIC s’appuie sur les principes clés de réciprocité et de consentement des consommateurs des produits et services financiers, avec un accent sur la protection de ces derniers à travers les dispositions visant à garantir la confidentialité des informations traitées par les BIC. Par ailleurs, les dispositions de ce cadre règlementaire, en lien avec l’obligation faite aux fournisseurs des données, notamment ceux supervisés par la BEAC et la COBAC, en l’occurrence les établissements de crédit, de microfinance et de paiement, sur le partage d’informations avec les BIC agréés et l’obligation de consulter avant tout octroi d’un nouveau crédit, le rapport de solvabilité émis par les BIC, constituent, respectivement, des gages pour assurer un démarrage réussi des activités des BIC et leur pérennité financière.
Cette démarche engagée jusqu’ici sur les actions nécessaires à la mise en place d’un BIC, démontre à suffisance à quel point, la BEAC et la SFI ont œuvré pour que les meilleurs BIC dans le monde puissent investir dans la CEMAC. Nous avons la chance d’accueillir dans notre Zone le Groupe CREDIINFO, qui est présent dans plus de cinquante (50) pays dans le monde, particulièrement dans l’espace communautaire sœur de l’UEMOA.
INCLUSION FINANCIERE
Les autorités monétaires veulent voir le BIC comme un instrument de dynamisation de l’inclusion financière dans la CEMAC et de modernisation de l’écosystème de partage de l’information sur le crédit. Des orientations ont été formulées par la BEAC à l’endroit de Créditinfo Central Africa lors de la notification de la Décision d’agrément, attirant son attention notamment sur la nécessité d’accélérer son installation dans l’ensemble des pays de la CEMAC, avec une couverture d’au moins 60% des établissements de crédit et de microfinance dans la CEMAC d’ici trois (03) ans, et de contribuer à l’éducation financière dans la CEMAC au regard de la faible culture financière de certains de nos établissements prêteurs, principalement ceux de microfinance, en matière de sécurité et protection des données. Mais, il faudra que les établissements de crédit et de microfinance, principaux fournisseurs d’informations aux BIC, prennent part et acceptent l’ensemble de leurs obligations déclinées dans le cadre règlementaire, notamment celle du partage obligatoire des informations aux BIC.
Dans ce sens, la Banque Centrale appelle au respect scrupuleux de cette obligation, qui devra se traduire par la signature des contrats de partage avec CICA, à l’effet de lui permettre de démarrer ses activités dans les meilleures conditions. Dans cet ordre d'idées, pour les établissements déclarants du Cameroun, une cérémonie de signature des contrats avec CICA est prévue au cours du mois de février à Yaoundé, en présence des autorités camerounaises.