Il est clair que le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme représentent des menaces majeures pour l’économie congolaise, comme pour l’ensemble de l’Afrique centrale avec l’augmentation des flux financiers illicites et à la pression des évaluations internationales qui appellent la nécessité de renforcer son cadre réglementaire et ses mécanismes de contrôle. Dans ce sens, un expert international spécialisé en LBC/FT est entrain d'être recruté pour une mission d’une durée maximale de cinq mois (40 jours ouvrables), avec pour mission principale d’accompagner l’Agence nationale des investigations financières (ANIF) dans la mise en place d’un dispositif de supervision robuste.
Une mission d’expertise pour structurer le cadre de supervision et stratégie nationale
Les axes de travail de cet expert incluent de cartographier et analyser des textes existants , il va identifier les lacunes dans la législation nationale et régionale, et proposer des circulaires ou autres textes pertinents pour combler ces écarts, de travailler à la définition des obligations légales soit clarifier les responsabilités des institutions financières (banques, assurances, etc.) et des EPNFD (notaires, avocats, agents immobiliers, etc.) en matière de vigilance client, de conservation de documents et de déclaration d’opérations suspectes. Il va aussi se pencher sur l'adoption des bonnes pratiques internationales en s’inspirant des lignes directrices du GAFI pour structurer une supervision fondée sur les risques, en mettant l’accent sur la compréhension des risques par les superviseurs et la mise en œuvre d’une approche progressive.
Au menu, l'élaboration d’une stratégie nationale du Congo impliquera aussi d'aider l’ANIF à définir une feuille de route pour la supervision, incluant des guides pratiques, des matrices de risques sectoriels et des protocoles d’inspection.
Une approche collaborative et participative
La méthodologie retenue privilégie une démarche inclusive et adaptée aux besoins locaux (« demand driven »). L’expert travaillera en étroite coordination avec l’ANIF et les autorités nationales, tout en associant les acteurs du secteur privé et les partenaires techniques et financiers. Cinq étapes clés sont prévues incluant compréhension du contexte national, revue des normes GAFI et des textes communautaires, proposition d’un calendrier technique séquentiel, maintien d’une approche centrée sur les besoins du pays, et favorisation d’une participation active des assujettis.

Les activités qui se dérouleront en mode hybride (à distance par visioconférence, et sur place à Brazzaville pour les actions de terrain). Les frais logistiques seront pris en charge conformément aux procédures d’Expertise France doivent aboutir sur plusieurs productions opérationnelles, discutées et validées avec l’ANIF. Il s'agit d'une note conceptuelle de cadrage des actions prévues, progressive et séquentielle, des projets de circulaires et autres textes pertinents à l’attention des superviseurs, d'un cadrage des outils de supervision (matrices de risques, grilles de contrôle), des recommandations pour l’établissement de lignes directrices et de guides de contrôle et d'un rapport final de mise en œuvre de la mission.
Un projet aligné sur les priorités de l’Union européenne
Il faut relever que cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’Initiative Équipe Europe (IEE) contre les flux financiers illicites et la criminalité organisée transnationale, qui réunit l’Allemagne, la France, la Suède et la Finlande et porté par le projet SecFin Africa qui poursuit trois objectifs majeurs à savoir renforcer les capacités nationales – y compris celles des forces de l’ordre et de la justice – à prévenir et répondre aux flux financiers illicites liés à la criminalité organisée et au financement du terrorisme ; améliorer la coopération régionale et interrégionale ainsi que le partage d’informations et accroître la sensibilisation du public pour favoriser la transparence et inciter les États à prendre des mesures contre les flux illicites et la criminalité organisée.
En rappel, le démarrage des activités est attendu fin mars 2026, pour une période maximale de travaux de trois mois, au plus tard jusqu’en juillet 2026. À l’issue de cette mission, l’ANIF disposera d’un cadre opérationnel pour former ses équipes aux nouvelles méthodes de supervision, contrôler plus efficacement les assujettis, et réduire durablement les risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme.