Dans son discours prononcé lors de la cérémonie, Christian Yoka avait souligné que « dans une économie moderne, le crédit se nourrit, avant tout, de la confiance, et la confiance repose sur la disponibilité d'une information fiable, complète et accessible. Sans information de qualité, le crédit hésite ; avec une information pertinente, il devient un puissant levier de croissance, d'investissement, d'innovation et de création d'emplois. » Il avait également insisté sur la portée de l'événement, qui « dépasse largement le simple lancement d'un nouvel acteur financier » et marque « une étape décisive dans la modernisation de notre système financier, dans l'approfondissement de l'intégration financière sous-régionale et dans la construction d'une économie plus inclusive, plus transparente et plus résiliente ».
Le directeur national de la BEAC, Serge Dino Daniel Ngassakys, qui a conduit ce projet stratégique, a rappelé que Credit Info Central Africa (CICA), premier Bureau d'information sur le crédit agréé dans la CEMAC, a pour objet de collecter des informations sur les emprunteurs et de vendre des rapports de solvabilité aux prêteurs – principalement les banques et les établissements de microfinance. Grâce à ce mécanisme, a-t-il expliqué, les établissements de crédit peuvent mieux apprécier le risque de crédit par une meilleure connaissance de leurs clients, tandis que les emprunteurs ayant un bon comportement de paiement peuvent valoriser leur historique et accéder plus facilement aux financements, et à moindre coût.
M. Ngassakys a également souligné que l'ambition affichée par la BEAC est de créer un environnement financier plus transparent, plus inclusif et plus résilient, favorisant ainsi le financement durable de l'économie. La construction par la BEAC d'une infrastructure sous-régionale d'information financière permettra de transformer l'information en confiance, la confiance en crédit, et le crédit en croissance économique saine et durable.
Il a conclu en indiquant qu'à l'issue du processus de lancement officiel, désormais effectif, l'enjeu est de passer de la symbolique à l'opérationnel, en garantissant la régularité des flux d'information, la confiance des acteurs et l'efficacité du dispositif, pour améliorer le financement de l'économie et la stabilité financière dans la sous-région Afrique centrale. Pour ce faire, la BEAC s'appuiera sur le Règlement CEMAC, texte communautaire supranational encadrant cette activité, ainsi que sur un dispositif de suivi-évaluation.
Rappelons que le lancement des activités du CICA en République du Congo est intervenu après ceux déjà réalisés au Cameroun, en République centrafricaine et au Tchad. La série des lancements se terminera au Gabon et en Guinée équatoriale, conformément au calendrier prévu.