COSUMAF | CE QUI S'ANNONCE (1)  : Un plan d’action pour dynamiser le marché financier régional dès 2026 et un nouveau site web pour l'accessibilité


Par Jesus POUTH | 


La Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale (COSUMAF) entreprend d'accélérer sa mue à la fois via la modernisation de ses outils numériques et aussi par le moyen d'une feuille de route ambitieuse pour 2026. Le régulateur financier de la CEMAC a récemment dévoilée un nouveau portail web, qui se veut plus intuitif et un programme d’actions prioritaires visant à transformer en profondeur l’écosystème financier régional.

Un nouveau site web pour plus de transparence et d’accessibilité afin que le grand public, les investisseurs et les professionnels du marché puissent découvrir la présence digitale de la COSUMAF, cela est visible à l’adresse www.cosumaf.org. Entièrement repensée, cette interface semble proposer une navigation simplifiée pour accéder rapidement aux informations institutionnelles et réglementaires, des contenus actualisés en continu sur l’actualité du marché financier de l’Afrique centrale, ainsi qu’une ergonomie pensée pour l’accessibilité, incluant mobile, clarté des données et documents téléchargeables. La COSUMAF résume cette démarche : « Une nouvelle expérience digitale au service de la transparence et de la pédagogie ».

Dans un autre sens, un plan d’action 2026 adopté le 1er avril dernier par le Collège de la COSUMAF le 1er avril 2026 déroule le programme des actions prioritaires 2026. Ce plan qui s’articule autour d’un objectif stratégique majeur : dynamiser le marché financier régional fait suite à un bilan 2025 jugé "encourageant" par un régulateur, qui souhaite désormais amplifier la modernisation de l’écosystème.

En effet, parmi les réussites de l’année écoulée figurent l’organisation d’un atelier international sur le thème « EMF et marchés financiers : entre défis persistants et potentiels prometteurs », le renforcement du dialogue institutionnel via le Cadre permanent de concertation, le lancement du journal « Échos du Régulateur » et d’un bulletin mensuel des statistiques, ainsi que la participation au projet OTG (Obligation du Trésor Garantie) porté par le ministère des Finances du Cameroun, illustrant la volonté de diversification de l’offre de titres.

Quatre objectifs complémentaires pour 2026. 

Le plan d’action 2026 de la COSUMAF se décline en quatre chantiers prioritaires :

Premier objectif : encourager le financement des entreprises par le marché.

Sa traduction tient dans l'idée d'assurer le suivi de l’article 8 de l’Acte additionnel n°06/17, c’est-à-dire l’évaluation des 17 entreprises désignées par les États pour leur introduction en bourse, la cession des participations publiques, et l’obligation de cotation pour certaines catégories (banques, assurances, filiales de multinationales). Il prévoit également l’entrée de chaque État membre à hauteur de 5 % dans le capital de la Bourse régionale.

Deuxième objectif : accélérer l’accès des PME au marché financier.

Cette ambition passe par le déploiement de l’Offre PME et des actions de sensibilisation, l’évaluation trimestrielle du plan de développement de la Bourse, une réflexion sur des mécanismes de garantie de place et de syndication des besoins, ainsi qu’une étude de viabilité pour un marché obligataire dédié aux PME, incluant l’ouverture du marché de la dette privée aux collectivités locales.

Troisième objectif : favoriser les produits innovants, notamment le crowdfunding et la fintech.

Pour le crowdfunding, il s’agit de finaliser le dispositif réglementaire pour accueillir les premières plateformes de financement participatif de type investissement, accompagné d’une stratégie pédagogique. Pour la fintech et la blockchain, la COSUMAF prévoit la création d’un espace dédié sur son portail, le lancement de preuves de concept (POC) utilisant la blockchain, et l’élaboration de guides sur les nouveaux outils (robo-advisors, ICO, etc.).

Quatrième objectif : poursuivre les actions en faveur de la finance durable (ESG).

Cela comprend l’élaboration de recommandations et guides (activités éligibles, diligences des auditeurs, fonds durables, empreinte carbone), la sensibilisation sur les aspects ESG et le déploiement d’un outil d’évaluation des rapports extra-financiers, ainsi que la coordination avec les autres régulateurs financiers de la CEMAC et la participation active aux réseaux régionaux et internationaux.

Pour fiabiliser la confiance des investisseurs, la COSUMAF s’engage aussi à produire régulièrement son rapport annuel en commençant par 2025 ( annonce d'une adoption en juillet 2026), les publications « L’Essentiel » S2 2025 et S1 2026, quatre notes annuelles destinées au CNEF, les bulletins mensuels des statistiques (avant le 15 de chaque mois), ainsi que les numéros 2 et 3 des « Échos du Régulateur ».

Résultats attendus fin 2026.

À l’issue de ces actions, la COSUMAF espère atteindre les indicateurs suivants : 6 actions cotées, 8 lignes obligataires (dont 3 souveraines et 5 privées), une progression de l’actif sous gestion de 30 %, une hausse du nombre de comptes-titres de 300 %, et une hausse du nombre de détenteurs de parts d’OPC de 50 %. Sont également attendus un accroissement significatif de l’intervention des investisseurs étrangers, de la diaspora et des fonds de retraite.