UMOA | COTE D'IVOIRE : Quand la Caisse de Dépôts et Consignation devient Banque Teneur de Comptes Conservateur auprès du Dépositaire Central

 


Par DMF |


Selon le au Dépositaire Central/Banque de Règlement (DC/BR), au 31 décembre 2025, la valorisation de la conservation centralisée de titres  a bondi de 21,68 %, s’établissant au niveau inédit de 26 421 milliards FCFA, contre 21 768 milliards FCFA en 2024. Ces chiffres, dévoilés le 18 février 2026 à Abidjan par le Directeur Général du DC/BR, Monsieur Birahim Diouf, lors de la rencontre annuelle avec les acteurs du marché, traduisent une attractivité structurelle renforcée de la placePour les Caisses de Dépôts et Consignations (CDC) de la région, et plus particulièrement pour la Caisse des Dépôts et Consignations de Côte d’Ivoire (CDC-CI), cette dynamique valide un positionnement stratégique majeur celui d'investisseur institutionnel de long terme et de garant de la sécurité financière régionale.

Une attitude de la CDC CI (c) Côte d'Ivoire

L'événement phare de cet exercice aura sans doute été l’intégration de la CDC-CI au cœur de l'infrastructure de marché en qualité de Banque Teneur de Comptes Conservateur (BTCC) . En effet, cet agrément officiel, délivré par l’Autorité des Marchés Financiers de l’UMOA (AMF-UMOA), porte de 12 à 13 le nombre de BTCC sur la place et matérialise l'implication croissante des structures publiques de dépôt dans les mécanismes de sécurisation, de règlement et de conservation des actifs de la zone. En accédant à ce statut, la CDC-CI s'impose désormais comme un maillon central de la confiance publique sur le marché financier. Cette mutation technique répond directement aux exigences de sa loi de création, qui lui impose de centraliser, protéger et rentabiliser l'épargne réglementée.

Concrètement, cette nouvelle qualité de BTCC dote la CDC-CI de prérogatives opérationnelles de premier plan ) savoir conserver et administrer en toute souveraineté des valeurs mobilières (actions, obligations) pour son propre compte et pour le compte de tiers ; ouvrir des comptes-titres interconnectés directement avec les systèmes du Dépositaire Central (DC/BR) et assurer le dénouement des transactions de marché et percevoir les flux financiers afférents, tels que les dividendes et les intérêts.

En tout état de cause, deux synergies fondamentales se dégagent de ce nouveau statut. D'une part, la gestion des avoirs sans maître et des comptes en déshérence comme unique entité publique légalement mandatée pour recueillir ces fonds inactifs, la CDC-CI dispose dorénavant de l’infrastructure technique idoine pour transférer, tracer et cantonner directement les lignes de titres non réclamées et d'autre part, la Caisse gagne en autonomie de placement en s'affranchissant de l'obligation de transiter par un intermédiaire financier privé pour la garde de ses propres avoirs, elle optimise drastiquement ses coûts de détention, démultipliant ainsi sa capacité de frappe financière pour soutenir les projets de développement à long terme de l'État de Côte d'Ivoire.

Résilience et performance 

Du point de vue rigoureux d'une Caisse de Dépôts, l'analyse fine des données présentées par le DC/BR pour l'année 2025 révèle une solidité à toute épreuve face aux ajustements techniques du marché. Sur la résilience face aux reprofilages de dettes, il ressort que les transactions dénouées ont enregistré un repli, passant de 941 milliards FCFA en 2024 à 706 milliards FCFA en 2025 (soit -24,97 %), un recul expliqué par un volume plus faible d’opérations exceptionnelles. De même, les événements sur valeurs (paiements de dividendes, d'intérêts et remboursements de capital) affichent une légère baisse de 3,22 %, s'établissant à 2 257 milliards FCFA contre 2 332 milliards FCFA en 2024. Ce tassement est le fruit direct des opérations de reprofilage menées sur le marché obligataire souverain. Pour une institution de la nature d'une CDC, dont la mission repose sur la stabilité, ces opérations de gestion de la dette publique représentent des régulations saines qui consolident les fondamentaux du marché sans en altérer la sécurité.

Sur la rentabilité accrue des portefeuilles, il est clair qu'en dépit de la baisse globale des événements sur valeurs, les dividendes effectivement versés aux actionnaires par les entreprises cotées ont bondi de 23 % en 2025. Cette performance remarquable des entreprises de la zone UMOA conforte la doctrine d'investissement des Caisses de Dépôts, démontrant qu'il est possible de concilier la protection absolue des fonds publics de dépôt avec des stratégies de placements productifs fortement génératrices de valeur.

Un écosystème en pleine densification

Le marché financier régional s'élargit et se diversifie à un rythme soutenu. Si le nombre d’émetteurs d'actions est resté stable à 48, le compartiment obligataire a vu le nombre de ses émetteurs grimper de 41 à 53. Parallèlement, les Sociétés de Gestion et d’Intermédiation (SGI) sont passées de 36 à 38 avec l'arrivée sur le marché de Images Finances Internationales (IFI) et de Kerales Finance.

Cette densification de l’écosystème, qui a réuni plus d’une centaine de participants en présentiel et par visioconférence, a été saluée par les forces vives du marché. Les délégations de l’Association Professionnelle des SGI (APSGI) et de l’Association Professionnelle des BTCC (APBTCC) ont loué la proximité constante du DC/BR auprès des acteurs, tandis que les actionnaires individuels, représentés par l’Association des Actionnaires des Sociétés Cotées (AASCOT), ont partagé ce constat positif.

En s'inscrivant désormais parmi les acteurs majeurs de la conservation de titres, les Caisses de Dépôts réaffirment leur ambition profonde : agir en parfaite synergie avec les infrastructures de marché pour transformer l’épargne populaire et réglementée en un levier souverain, sécurisé et performant au service de l'émergence économique de l'Afrique de l'Ouest.