ZLECAF | MARCHES FINANCIERS : Le PAPSS travaille sur une phase pilote des paiements boursiers avec les Bourses du Nigéria et du Ghana dans le cadre de l’AELP


Par DMF |


A la faveur d'un webinaire lancé avec la BEAC autour du PAPSS, les équipes dudit système de Paiements confirme que l’Association des Bourses africaines (ASEA) et la Banque africaine de développement (BAD), dans le cadre l’African Exchanges Linkage Project (AELP) visant à interconnecter les marchés de capitaux du continent pour faciliter les transactions transfrontalières de titres cotés, travaillent sur l'extension du projet aux opérations de Règlements boursiers africains. 

D'entrée de jeu, il faut indiquer que l’intégration du PAPSS comme système de paiement et de règlement boursiers de l’AELP constitue un élément clé de cette phase pilote déclinée par la signature le 14 avril 2023 entre le PAPSS et l’ASEA d'un protocole d’accord visant à renforcer leur collaboration pour promouvoir les paiements transfrontaliers des infrastructures des marchés de capitaux en Afrique.

Ce partenariat stratégique prévoit que le PAPSS serve de système de paiement pour l’AELP dans une configuration où le PAPSS est déjà opérationnel dans les pays de la Zone monétaire ouest-africaine (WAMZ), qui comprend le Nigéria, le Ghana, le Libéria, la Gambie et la Guinée. Comme l’a déclaré Mike Ogbalu III, directeur général du PAPSS, le système soutient une grande variété de cas d’usage, y compris les transactions transfrontalières de détail et commerciales pour les particuliers et les entreprises, ainsi que les investissements transfrontaliers sur les bourses africaines.

Grâce à cette synergie, les transactions boursières transfrontalières pourront bénéficier d’un règlement en monnaie locale, sans passage obligatoire par le dollar ou l’euro, d’une réduction sensible des frais de change et des coûts liés aux intermédiaires extérieurs, de délais de règlement inférieurs à 120 secondes contre plusieurs jours dans le système actuel, ainsi que d’une sécurisation et d’une conformité renforcées grâce à une vérification en temps réel des flux.

PROTOCOLES D'ACCORD  AVEC LA BOURSE DU NIGÉRIA (NIGERIAN EXCHANGE, NGX) ET LA BOURSE DU GHANA (GHANA STOCK EXCHANGE, GSE)

Si la phase initiale du projet AELP a débuté avec ces sept bourses, une phase pilote est d’ores et déjà en cours pour intégrer de nouvelles places financières, notamment la Bourse du Nigéria (Nigerian Exchange, NGX) et la Bourse du Ghana (Ghana Stock Exchange, GSE). La NGX, qui figurait parmi les sept bourses de la phase 1, joue un rôle moteur dans cette dynamique. Dès le 28 février 2023, la Nigerian Exchange Limited et le PAPSS ont signé un protocole d’accord visant à faciliter les paiements et le règlement transfrontaliers des transactions de titres dans le cadre de l’AELP. La NGX a également organisé, en juin 2023, un webinaire dédié aux exigences des transactions transfrontalières, rassemblant opérateurs de marché, investisseurs et autres parties prenantes pour les sensibiliser aux objectifs et aux bénéfices de l’AELP et du PAPSS.

Du côté du Ghana, la Bourse du Ghana (GSE) a officiellement rejoint le projet. Selon le président de l’ASEA, Thapelo Tsheole, l’objectif est d’intégrer huit bourses supplémentaires d’ici la fin de l’année ou au début de l’année suivante ; le Ghana et le Botswana ont déjà rejoint le projet et les équipes facilitent leur connexion. La directrice générale de la GSE, Abena Amoah, a souligné que l’intégration de la bourse ghanéenne offrirait des opportunités considérables aux investisseurs et aux entreprises du pays, en leur donnant accès à plus de 2 000 sociétés cotées sur l’ensemble du continent. Plus de trente courtiers se sont déjà abonnés au projet.

REGARDS VERS L'AVENIR 

Le déploiement de la phase pilote pour les bourses du Nigéria et du Ghana, couplé au partenariat stratégique entre le PAPSS et l’ASEA, marque une étape décisive dans l’intégration des marchés financiers africains. La deuxième phase du projet AELP, dont le lancement est prévu pour le troisième trimestre 2023 avec le soutien financier de la BAD, devrait intégrer huit nouvelles bourses, portant le nombre total de places financières interconnectées à onze. L’objectif final est de créer un marché unique des valeurs mobilières à l’échelle du continent, reliant plus de 30 bourses africaines et représentant une capitalisation boursière globale de 2 000 milliards de dollars. Le PAPSS, en tant qu’infrastructure de règlement de référence, jouera un rôle essentiel dans la concrétisation de cette vision, en permettant des flux d’investissements intra-africains fluides, rapides et économiques.

Rappelons que la première phase du projet a connecté sept bourses majeures couvrant quatorze pays africains et représentant plus de 90 % de la capitalisation boursière totale de l’Afrique, soit environ 1 500 milliards de dollars. Ces sept bourses pilotes sont la BRVM (Bourse régionale des valeurs mobilières, couvrant huit pays d’Afrique de l’Ouest), la Bourse de Casablanca (Maroc), la Bourse égyptienne (EGX), la Bourse de Johannesburg (JSE), la Bourse de Nairobi (NSE), la Bourse du Nigéria (NGX) et la Bourse de Maurice (SEM).