Dans le détail, la décision de l'organe de régulation comporte deux volets principaux : à savoir l'approbation du fractionnement de la valeur liquidative selon un ratio d'une action ancienne pour dix actions nouvelles et le visa du prospectus modifié du fonds, enregistré sous le numéro SICAV 03 01 _ P 02 2026. Au reste, l'annexe de la décision précise que la valeur liquidative d'origine, celle inscrite dans les statuts, passe de 10 000 000 FCFA à 1 000 000 FCFA. Le prospectus visé reprend désormais cette nouvelle valeur réglementaire.
De dix millions à un million : Pourquoi ?
Le fractionnement est une opération purement technique et comptable qui ne modifie ni l'actif net total du fonds, ni la valeur globale des parts détenues par chaque investisseur. Concrètement, chaque action ancienne est remplacée par dix actions nouvelles. La valeur liquidative unitaire est divisée par dix, passant de 10 millions à 1 million de FCFA, et le nombre d'actions en circulation est multiplié par dix. En clair, la part de chaque actionnaire dans le capital du fonds reste donc inchangée, puisque la baisse de la valeur unitaire est exactement compensée par une augmentation proportionnelle du nombre d'actions détenues. Ce mécanisme, courant sur les marchés financiers, permet d'abaisser le ticket d'entrée pour les nouveaux souscripteurs sans affecter la situation des porteurs existants.
À l'analyse, plusieurs raisons expliquent cette opération tardive, 24 ans après le lancement du fonds. D'abord, l'accessibilité accrue car avec une valeur liquidative d'origine fixée à 10 millions de FCFA en 2002, le fonds était réservé à une clientèle institutionnelle ou à des investisseurs fortunés. En divisant ce montant par dix, la SICAV devient plus accessible aux épargnants particuliers et aux investisseurs de taille moyenne. Désormais, le montant minimum de souscription initiale est d'une seule action, soit 1 million de FCFA, et ceci sans qu'aucune souscription ultérieure minimale ne soit exigée. Puis, la liquidité du marché car un prix unitaire plus bas facilite les échanges sur le marché secondaire et encourage une meilleure liquidité des actions et enfin, la stratégie commerciale tant cette opération s'inscrit dans une stratégie de relance commerciale visant à élargir la base d'investisseurs du fonds.
Profil et gouvernance de la SICAV Abdou Diouf
Rappelons que la SICAV Abdou Diouf est une Société d'Investissement à Capital Variable (SICAV) diversifiée, constituée en République du Bénin et agréée le 20 février 2005 sous le numéro SICAV/03-01 par l'AMF-UMOA, qui portait alors le nom de CREPMF. Elle est historiquement la première SICAV à avoir été lancée sur le marché financier régional de l'UMOA, avec un capital social initial de 8,5 milliards de FCFA. En sus, classée dans la catégorie « Diversifié » par le régulateur, elle a donc pour objectif de surperformer, sur un horizon de placement recommandé de cinq ans, son indicateur de référence composé de 70 % du taux moyen des obligations assimilables du Trésor sur les durées de cinq à dix ans et 30 % de l'indice BRVM Composite.
Sur le plan de la gouvernance, la SICAV Abdou Diouf dispose de son propre conseil d'administration, présidé par Monsieur Moustapha BEN BARKA, vice-président de la BOAD (Banque Ouest Africaine de Développement) ; tandis que la gestion de cette SICAV est déléguée à SOAGA SA (Société Ouest Africaine de Gestion d'Actifs) dont le capital social est de 500 millions de FCFA, agréée le 18 juin 2004 sous le numéro SG 03-04 et dont le siège est à Cotonou, au Bénin.

Pour sa part, le conseil d'administration de SOAGA est présidé par Monsieur Oumar Tatam LY, également Conseiller du Gouverneur de la BCEAO, tandis que la direction générale est assurée par Monsieur Jean François BROU. En droite ligne de cela, les fonctions de dépositaire et conservateur sont assurées par BOA CAPITAL SECURITIES qui assure le suivi des flux de liquidités, la garde des actifs et le contrôle de la régularité des décisions de la société de gestion, moyennant une commission de 0,16 % de l'actif en conservation.
Enfin, le contrôle des comptes est confié à deux cabinets titulaires, BENAUDIT CONSULTEX et FIDUCIAIRE D'AFRIQUE, ainsi qu'à deux cabinets suppléants, CDM CONSULTANTS et le Cabinet BRUN Pierre Lucien qui touchent au passage des honoraires forfaitaires annuels s'élevant à 17 millions de FCFA.
En tout état de cause, on peut croire qu'avec cette décision, l'AMF UMOA donne le feu vert à une opération qui permet à un plus grand nombre d'épargnants d'accéder à un fonds historique du marché financier régional, tout en conservant une gestion rigoureuse et une stratégie d'investissement éprouvée.