La BEAC qui prépare donc l'acquisition et la mise en œuvre d'une plateforme couvrant à la fois les activités du marché monétaire et celles du Dépositaire central unique (DCU) de la CEMAC prévoit une réunion de cadrage obligatoire pour les candidats au mercredi 21 octobre 2026 à 11 heures. A ce stade, la BEAC ne précise ni l'architecture de la solution, ni ses modules fonctionnels, ni ses modalités d'interconnexion avec les systèmes de la BEAC, de la BVMAC, de la COSUMAF ou des établissements financiers. De plus, la BEAC n'indique pas non plus quelles solutions seront remplacées, maintenues ou interconnectées, et ne qualifie pas les plateformes existantes d'obsolètes. Les fonctionnalités évoquées ci-dessous sont des attentes possibles pour une plateforme intégrée, et seul le cahier des charges établira les exigences réelles.
ENJEUX ET PLACE DES AUTRES ACTEURS
Dans le marché financier unifié, la COSUMAF régule et supervise, la BVMAC organise les négociations et la BEAC joue le rôle de banque de règlement. A cette lumière, la fonction de dépositaire central reste provisoirement assurée par la BEAC, via sa Cellule de règlement et de conservation des titres, dans l'attente d'un DCU de la CEMAC autonome. Ainsi, la future plateforme pourrait assurer la continuité entre ce dispositif provisoire et l'installation durable du DCU, en centralisant les informations sur les titres, en sécurisant le règlement et la livraison des titres et en suivant les positions des participants.
Par ailleurs, avec le SYGMA, qui règle les paiements de gros montants, la plateforme devra s'interfacer pour que les opérations sur titres et de marché aboutissent à des règlements finals en monnaie centrale. Avec la BVMAC, qui organise la négociation, les transactions négociées devront toujours être acheminées vers le dépositaire central, puis réglées dans les délais.
Normalement, la COSUMAF attendra de son côté des journaux fiables, des états réglementaires et des pistes d'audit tandis que pour la Cellule de règlement et de conservation des titres, il faudra prévoir la reprise des données, la migration des positions et la continuité des opérations.
Pour sa part, le SYSTAC, qui assure la télécompensation des paiements de masse, restera sans doute une infrastructure distincte, mais les interfaces devront être cohérentes, sans doublons fonctionnels alors que le GIMAC et le GIMACPAY, qui portent la monétique devraient rester hors du cœur du projet mais la cartographie des flux, la sécurité et l'interopérabilité devront en tenir compte.
Le marché monétaire de la CEMAC fonctionne depuis juillet 1994 tout en permettant aux banques d'échanger des liquidités à court terme et sert de canal à la politique monétaire de la BEAC, par les opérations de pension, de refinancement et de reprise de liquidité. Entre décembre 2021 et décembre 2022, le volume des transactions interbancaires est passé de 332,5 à 574 milliards de FCFA, soit une hausse de 72,6 %. Cette progression montre le besoin de mécanismes capables d'absorber des volumes croissants et de sécuriser les flux.