GABON : La stratégie nationale de l'intelligence artificielle se prépare


Par DMF |

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD Gabon) et le Ministère de l'Économie Numérique lancent en cette fin de septembre 2026 à la Cité de la Démocratie de Libreville, des ateliers de travail visant à structurer la future stratégie nationale d'intelligence artificielle (IA).
Cette initiative s'inscrit dans une volonté globale d'accélérer la diversification économique tout en encadrant les risques juridiques et éthiques liés aux technologies de rupture. En effet, face aux défis éthiques et de souveraineté des données, le Gabon veut miser sur l'anticipation réglementaire.
 
En fait, à la suite d’une évaluation rigoureuse menée avec le soutien de l’UNESCO, un comité technique national dédié à l’IA a été instauré avec pourmission principale de concevoir un écosystème de confiance capable d'encadrer les usages technologiques, de protéger les droits des citoyens et de sécuriser l'environnement des affaires. Dans la même ligne, pour le secteur financier et les médias, ce cadre s'annonce crucial afin de garantir la transparence des algorithmes et la sécurité des données sensibles.
 

INNOVATION ET PRIORITES

Cette dynamique nationale s'appuie sur une impulsion régionale majeure dans un contexte où la capitale gabonaise a récemment accueilli les Journées de l’Intelligence Artificielle (JIA 2026). Un événement qui a débouché sur la Déclaration de Libreville, un agenda stratégique national et continental axé sur l'innovation et l'emploi des jeunes. Selon les organisateurs, l'objectif consistait à freiner la fuite des cerveaux et à positionner le Gabon comme un exportateur de solutions de pointe, et non comme un simple consommateur.

Sous le thème « Intelligence artificielle, souveraineté numérique et diversification économique : Accélérer la mise en oeuvre du PNCD et de la stratégie numérique du Gabon », les Journées de l’Intelligence Artificielle (JIA) 2026, organisées à Libreville se sont voulues une plateforme stratégique de dialogue, d’innovation et de mobilisation des acteurs publics, privés, académiques et entrepreneuriaux autour du potentiel transformateur de l’intelligence artificielle pour le développement économique et social.  Cet événement organisé en partenariat avec CONIIA (Conseil International de l’Intelligence Artificielle), Human AI et la Chambre de commerce UE-Afrique, avec l’appui de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) à travers son Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale, a pendant trois jours, rassemblé les décideurs politiques, experts internationaux, investisseurs, startups et partenaires au développement

Le but avoué était "d'explorer les opportunités offertes par l’IA pour accélérer la transformation numérique et économique du Gabon et de l’Afrique centrale par une une conférence de haut niveau matérialisé par des panels thématiques, des ateliers techniques et des sessions de dialogue stratégique portant notamment sur la gouvernance de l’IA, la modernisation des services publics, la cybersécurité, l’innovation financière, ainsi que l’utilisation de l’IA dans les secteurs stratégiques tels que la santé, l’éducation et l’agriculture."

Au reste, on a pu observer le concours de l’Innovation Numérique et de l’Intelligence Artificielle, qui visait à mettre en lumière les startups les plus prometteuses du continent via des jeunes entreprises sélectionnées présentant leurs solutions innovantes devant un jury d’experts et d’investisseurs lors de sessions de pitch, favorisant ainsi l’accès au financement, la mise en réseau et l’émergence d’un écosystème entrepreneurial dynamique autour de l’IA.

À l’ère de la quatrième révolution industrielle, les promoteurs ont voulu contribuer à "l’innovation technologique, le développement des compétences numériques, la valorisation des données et la mise en place de cadres de gouvernance favorables à l’intelligence artificielle et poser les bases d’un écosystème africain de l’IA plus inclusif, compétitif et orienté vers la création de valeur, l’emploi des jeunes et la croissance durable."


En tout état de cause, la stratégie gabonaise identifie plusieurs piliers sectoriels où l'IA servira de catalyseur de croissance autour des services financiers et Fintech avec l'automatisation, détection des fraudes et inclusion financière ; l'agriculture et la santé pour l'optimisation des rendements agricoles et amélioration de l'accès aux soins de précision ; l'éducation pour la modernisation des parcours d'apprentissage et formation aux métiers de demain et le secteur privé en destination duquel un guide pratique de l'IA pour les entreprises locales a été élaboré pour accompagner les PME dans leur mise à niveau opérationnelle et accroître leur compétitivité.
 
En structurant cette feuille de route, le Gabon ambitionne de concilier performance financière, inclusion sociale et éthique juridique, affirmant ainsi son leadership numérique en Afrique centrale.