UEMOA | SANDBOX REGLEMENTAIRE : La BCEAO lance la 1ère cohorte des Fintechs pour le bac à sable de tests réglementaire en excluant les cryptoactifs
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By ZOGO Willy
ZOGO Willy
Par Dr ZOGO |
La Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) vient de lancer la phase recrutement des acteurs dans la suite de la décision n 106-04-2025 du 8 avril 2025 portant création en son sein du Laboratoire d’Innovation Financière (LIF BCEAO). Aujourd'hui, ce dispositif qui entre dans sa phase opérationnelle avec le lancement officiel avec sa première cohorte expérimentale, exclut les projets cryptoactifs et devra permettre aux élus de se déployer en 6 mois.
Ce premier "bac à sable" (sandbox) représente une opportunité inédite pour l'écosystème régional. Les établissements agréés et les entreprises de technologies financières (FinTech) souhaitant adhérer à ce protocole sont invités à soumettre leurs dossiers par voie électronique au plus tard le 30 novembre 2026.
Le cadre réglementaire précise rigoureusement les modalités de constitution des dossiers, les conditions de participation ainsi que le déroulement des expérimentations. Le régulateur pose toutefois une ligne rouge claire à savoir que les projets relatifs aux cryptoactifs sont strictement exclus de ce dispositif.
En fait, le LIF BCEAO cible des produits, services et solutions financiers innovants qui proposent une approche différente des offres traditionnelles ou qui ne sont pas encore ou peu couverts par la réglementation existante. Les domaines d’innovation, dans sa phase de démarrage, incluent les paiements, services de paiement, agrégation de comptes, initiation de paiements, acquisition d'opérations de paiement ; la collecte de fonds donc tontines en ligne, financement participatif de prêt ; le crédit et l’épargne inclus micro-crédit, crédit scoring, épargne numérique ; la monnaie électronique donc émission et distribution et la biométrie, pour améliorer la vérification d’identité dans l’accès aux services financiers. A préciser que de nouveaux domaines pourront être ouverts en temps opportun.
Pour ce qui est des catégories d’acteurs éligibles, il s'agit de ceux disposant de produits ou services financiers innovants donc les institutions financières agréées comme les banques, établissements financiers de crédit, institutions de microfinance, établissements de monnaie électronique et établissements de paiement mais aussi les entités juridiques intervenant dans le secteur financier telles que les startups, les entreprises de technologies financières, à titre individuel ou en partenariat avec une institution financière agréée.
La mission centrale du LIF-BCEAO est de permettre aux acteurs retenus de tester leurs produits, solutions ou services innovants en conditions réelles, sous la supervision directe de la Banque Centrale et dans un environnement juridique allégé. Cette démarche itérative vise à faciliter l’intégration des nouveaux acteurs, à anticiper les risques de régulation et, à terme, à adapter le cadre juridique de l'Union aux réalises technologiques de notre époque.
Pour mener à bien sa mission, le Laboratoire est investi de prérogatives larges : l’instruction des demandes d’accès, la définition des protocoles de test, l’accompagnement et le suivi des exigences fixées aux candidats, ainsi que l’évaluation de la performance des solutions à l’issue de la phase d'essai. Il assure également l’interface avec les autres superviseurs sectoriels et contribue directement aux futures réformes des services financiers numériques.
Une architecture institutionnelle renforcée via le Comité FinTech et le BCSF-UEMOA
Pour garantir le développement harmonieux de cet écosystème, la BCEAO s'appuie sur une gouvernance à deux niveaux, associant vision stratégique et ancrage terrain.
D'une part, le Comité FinTech pilote la stratégie globale de l'Union. Il lui incombe de proposer des orientations favorables au secteur, de maintenir un dialogue permanent entre la Banque Centrale et les acteurs du marché, d'analyser les grandes tendances technologiques et de veiller à la maîtrise des risques systémiques afin de préserver la stabilité financière.
D'autre part, pour ancrer cette dynamique dans la continuité, la BCEAO a renforcé son architecture interne en créant le Bureau de Connaissance et de Suivi des FinTech de l’UEMOA (BCSF-UEMOA), directement rattaché au Comité FinTech. Ce bureau joue un rôle de facilitateur et d'aiguilleur pour les jeunes pousses de la finance. Sa mission est d'approfondir la connaissance sectorielle, d'encourager la créativité et de guider les porteurs de projets selon leur niveau de maturité : les dossiers conformes sont orientés vers les cadres juridiques appropriés, tandis que les structures encore trop jeunes sont redirigées vers les incubateurs de l’Union.
En rappel, l'action du BCSF-UEMOA s'appuie sur des données de marché concrètes issues du recensement annuel mené par le Bureau qui révélait déjà la présence de plus de 130 FinTech en activité dans l’UEMOA dès la fin de l’année 2022. Ces entreprises, qui opèrent principalement dans les secteurs bancaire et financier, sont devenues des moteurs essentiels de l’inclusion financière en Afrique de l'Ouest. Elles fluidifient l'activité de paiement à travers la distribution de monnaie électronique, l'initiation de transactions, l'acceptation de paiements, le transfert de fonds et l'agrégation d'informations de comptes. En développant des interfaces de programmation d'application (API) performantes et des plateformes dédiées au commerce électronique ou à la gestion des données, ces acteurs imposent une célérité et une sécurité accrues dans le traitement des flux financiers régionaux.