FINANCE ISLAMIQUE : La Banque Islamique du Sénégal et la Banque Islamique du Niger ne pèsent qu'environ 1,7 % des actifs bancaires totaux de l'UMOA en 2025


Par DMF | 


Le rapport annuel 2025 de la Commission Bancaire de l'UMOA, récemment publié, ne consacre aucun chapitre spécifique à la finance islamique, bien que deux banques islamiques soient recensées dans le paysage bancaire de l'Union. Il s'agit de la Banque Islamique du Sénégal (BIS) et de la Banque Islamique du Niger (BIN), qui, ensemble, ne représentent qu'environ 1,7 % des actifs bancaires totaux de l'UMOA. 

En ce qui concerne les parts de marché, les deux banques islamiques identifiées que sont la Banque Islamique du Sénégal et la Banque Islamique du Niger ne représentent qu’une fraction infime du système bancaire de l’UMOA. Rapportées aux agrégats totaux de l’ensemble des établissements de crédit de l’Union, leurs parts respectives sont très modestes. La Banque Islamique du Sénégal, avec un total de bilan de 1 291,3 milliards de francs CFA, pèse environ 1,6 % du total des actifs bancaires de l’UMOA, qui s’élève à 82 298,8 milliards à fin décembre 2025. La Banque Islamique du Niger, avec ses 96,4 milliards de francs CFA d’actifs, ne représente quant à elle que 0,1 % du bilan consolidé de l’Union. Si l’on cumule les actifs de ces deux établissements, on atteint un montant global de 1 387,7 milliards de francs CFA, ce qui correspond à une part d’environ 1,7 % de l’ensemble du bilan bancaire de l’UMOA. S’agissant de la collecte de ressources, leurs dépôts combinés s’élèvent à 1 038,9 milliards de francs CFA, soit une part de marché de 1,8 % des dépôts totaux du secteur bancaire, qui ressortent à 56 200,2 milliards. Enfin, du côté des financements accordés à l’économie, l’encours total des crédits consentis par ces deux banques atteint 941,9 milliards de francs CFA, ce qui représente 2,4 % des crédits bancaires globaux de l’UMOA, dont l’encours total est de 38 731,6 milliards à fin 2025.

Cette présence, bien que modeste en volume, témoigne de l’émergence progressive d’une offre bancaire alternative dans l’Union, même si celle-ci reste encore très marginale au regard du poids des grands groupes bancaires conventionnels qui dominent le paysage financier de la zone. Pour mieux apprécier cette évolution, il serait utile de la comparer avec les années antérieures : en 2020, la part de marché des banques islamiques dans l’UMOA était encore plus faible, avoisinant 1,2 % des actifs, ce qui suggère une progression lente mais réelle de ce segment. Au-delà des seuls agrégats financiers, ces deux établissements contribuent également à l’emploi et à l’inclusion financière, avec un réseau d’environ 56 agences et près de 500 salariés, ce qui leur confère une dimension sociale non négligeable dans leurs pays respectifs. Toutefois, leur développement reste freiné par un cadre réglementaire et prudentiel encore largement conçu pour la banque conventionnelle, ce qui impose aux banques islamiques des adaptations coûteuses et une ingénierie financière complexe pour concilier conformité chariaïque et normes de supervision. Néanmoins, la demande croissante pour des services financiers conformes à la charia en Afrique de l’Ouest, portée par une population majoritairement musulmane et une classe moyenne émergente, laisse entrevoir un potentiel de croissance significatif pour ce secteur, à condition que les autorités monétaires et de supervision accompagnent cette dynamique par des évolutions réglementaires adaptées et un renforcement des compétences en finance islamique au sein des équipes de contrôle.