Réuni en sa deuxième session ordinaire, tenue le 10 juin 2026, sous la présidence de son gouverneur, Monsieur Jean Claude Kouassi, le comité politique monétaire de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest ( BCEAO), a décidé de reconduire l’orientation actuelle de sa politique monétaire en maintenant son principal taux directeur à 3% tandis que le taux du guichet de prêt marginal reste fixé à 5%. Le coefficient des réserves obligatoires reste aussi inchangé à 3%.
En s’appuyant sur plusieurs indicateurs clés, notamment une croissance des pays de l’UEMOA attendue à 6,1% en 2026 soutenue par les secteurs agricole, industriel et extractif, une inflation maîtrisée à 1,6% en provision et une augmentation des crédits à l’économie à 4,04 % attestant du dynamisme du financement bancaire, l’institution estime rester en bonne position pour faire face aux risques géopolitiques et commerciaux mondiaux.
Les concepts de taux directeur et taux du guichet de prêt marginal
Pour obtenir de la liquidité, les banques commerciales sollicitent souvent la BCEAO. Le taux directeur est le taux d'intérêt fixé par la banque centrale pour prêter de l’argent aux banques commerciales. Les sommes mobilisées sont généralement remboursables dans un délai d’une semaine.
Toutefois, il existe un guichet secondaire appelé guichet de prêt marginal. Selon l’article 14 de la décision n°397/12/2010 portant règles, instruments et procédures de mise en œuvre de la politique, de la monnaie et du crédit de la banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, la banque centrale peut à tout moment fournir aux établissements de crédit, aux établissements communs de financement institués en application de l’article 22 du traité de l’UMOA et à tout autre intervenant éligible, à leur demande, des liquidités d’appoint, sur le guichet de prêt marginal.
Ce guichet est spécialement réservé aux demandes de prêt en urgence par les banques commerciales. Le taux d’intérêt de refinancement auprès de ce guichet est de 5 % et la durée des prêts marginaux part de 1 à 7 jours maximum. Les banques n’y recourent qu’en ultime recours.
Qu’en aux réserves obligatoires, il s’agit du montant minimum que les banques commerciales doivent détenir sur leurs comptes auprès de la banque centrale suite aux dépôts de la clientèle. Ce montant est défini par la BCEAO qui peut à tout moment changer l’orientation qu’elle veut donner à sa politique monétaire.