UEMOA | INCLUSION FINANCIERE : Qu’est-ce qui ressort du rapport sur la situation de l’inclusion financière régionale pour l’année 2024 (Extraits)


Par DMF |


Selon la Banque Centrale, BCEAO, en 2024, les acteurs de la promotion de l’inclusion financière au sein de l’UEMOA ont maintenu la dynamique de leur engagement pour le renforcement de l’accès et de l’utilisation des produits et services financiers par les populations. 

"Le rapport dresse le bilan de ces actions et de la situation de l’inclusion financière dans l'UEMOA durant l'année 2024. Il met en lumière les faits marquants et présente une analyse détaillée de l'évolution des 7 indicateurs retenus pour son évaluation. Il examine ensuite le niveau global de l'inclusion financière dans toutes ses dimensions, à travers la progression de l'indice synthétique d'inclusion financière dans l’Union. Enfin, il identifie les défis persistants à relever et dresse des perspectives.

Faits marquants en 2024

Bénin

Au Bénin, les initiatives en faveur de la promotion de l’inclusion financière ont été caractérisées par le développement continu de la digitalisation des paiements, l’assainissement du secteur de la microfinance, la promotion de l’éducation financière et la sensibilisation des populations, ainsi que l’opérationnalisation des structures de coordination de la Stratégie nationale d’inclusion financière.

Dans le cadre du développement de la numérisation des paiements publics, le Gouvernement a instauré une taxe de 1% sur les transactions commerciales en espèces, dont le montant est supérieur à 100 000 FCFA. Cette mesure a pour objectif de favoriser l’inclusion financière des populations et d’améliorer la transparence des opérations financières, tout en combattant la fraude fiscale. Elle devrait encourager l’utilisation des paiements électroniques, des virements bancaires, des chèques et des transferts d'argent par Mobile Money.

Concernant les actions d’assainissement du secteur de la microfinance, une mission d’investigation de la Brigade Économique et Financière a permis de révéler plusieurs activités illégales de collecte d’épargne et d’octroi de crédit dans certaines régions. Suite à ces constats, la Direction Générale de la Microfinance a organisé une session de sensibilisation de 563 élus locaux sur la recrudescence des institutions illégales, dans les départements de Borgou, des Collines, du Couffo et de Zou. Cette session visait à inciter les élus à jouer un rôle de surveillance dans leurs localités respectives pour une meilleure efficacité des initiatives de régulation du secteur.

En ce qui concerne le renforcement des compétences financières des populations, les actions ont consisté en l’organisation de sessions de formation pour les formateurs et les artisans sur la gestion du budget familial et l’éducation financière. Au total, 300 enseignants et 60 artisans des départements du Littoral, du Mono et de l’Ouémé ont bénéficié de cette session de renforcement des capacités. En outre, le Ministère des Affaires Sociales a organisé des séances de sensibilisation en éducation financière pour les bénéficiaires et potentiels bénéficiaires de secours nationaux dans certaines communes du pays. Des messages de sensibilisation du public ont également été diffusés sur la chaîne nationale de la télévision publique, en lien avec les dispositions légales relatives au taux effectif global (TEG) applicable par les Institutions de microfinance et l'interdiction de la tontine informelle dite « ADOGBE ».

Enfin, le Secrétariat Permanent et le Comité de Pilotage de la Stratégie nationale d'inclusion financière (SNIF) ont été mis en place au cours de l’année. L’installation de ces structures devrait stimuler la mise en œuvre coordonnée et efficace des actions en faveur de l’inclusion financière.

Burkina

Dans le cadre des travaux consacrés à la promotion de l’accès aux services financiers au Burkina, et ce dans le respect des réglementations relatives à la lutte contre le blanchiment des capitaux, les associations professionnelles des banques, des établissements financiers, des institutions de microfinance et des assurances ont organisé la quatrième édition de la Journée de l’Inclusion Financière, le 29 février 2024, à Ouagadougou. Cette journée, placée sous le thème : « Inclusion financière et dispositif de prévention et de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme : quel équilibre ? », avait pour but de mener une réflexion approfondie sur les solutions permettant d’atteindre un équilibre entre les objectifs d’accès d’un grand nombre de personnes aux produits financiers et la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires.

Par ailleurs, l’Assemblée Législative de Transition a ratifié un accord de prêt, signé entre le Burkina Faso et la Banque Arabe pour le Développement Économique en Afrique (BADEA), portant sur un financement de 15 milliards de francs CFA. Ce financement est destiné au Projet de Promotion de la Finance Inclusive, visant à faciliter l’accès des populations à faibles revenus aux services financiers, au Burkina Faso. Ce prêt devrait permettre, par l’intermédiaire des institutions de microfinance, de financer les activités génératrices de revenus de plus d’un million de personnes et de consolider plusieurs milliers de PME. Il est également prévu de financer des actions d’éducation financière destinées aux populations.

Sur le plan institutionnel, les actions entreprises ont été marquées par la création, en décembre 2024, de l’Agence Nationale de la Promotion de la Finance Inclusive (ANPFI). Cette Agence, née de la fusion du Fonds National de la Finance Inclusive (FONAFI) et du Secrétariat Technique pour la Promotion de l’Inclusion Financière (STPIF), a, entre autres, pour missions, de promouvoir l’accès et l’utilisation des produits et services financiers par les populations vulnérables et les PME, de renforcer les capacités techniques et financières des prestataires de services financiers, et de favoriser l’intégration de l’inclusion financière dans les politiques publiques. Enfin, les actions de renforcement des capacités et de concertation entre les acteurs au titre de 2024 sont relatives notamment à : la session de formation sur l’institutionnalisation de la gestion des risques agricoles, organisée par l’Association professionnelle des institutions de microfinance, qui s'est tenue du 16 au 17 avril 2024 ; la session du cadre de concertation sur la finance digitale, qui s'est déroulée le 11 juillet 2024, sur le thème : « Les risques liés à l’utilisation des services financiers numériques : quelles actions pour une protection adéquate des consommateurs ? ».

Côte d’Ivoire

En Côte d’Ivoire, les initiatives visant à renforcer l'inclusion financière des groupes vulnérables ont été marquées par la réalisation d'une étude approfondie de cartographie des Associations de Valorisation de l'Entraide Communautaire (AVEC) dans la région de la Nawa, sous l'égide du Ministère de la Solidarité. Les résultats de cette étude ont révélé que la région abrite 484 Associations de valorisation de l'entraide communautaire (AVEC) regroupant 16 855 personnes, dont 71% de femmes. Bien qu'elles démontrent une forte capacité à mobiliser des ressources financières et à promouvoir l'entraide entre leurs membres, la majorité de ces associations ne disposent pas de comptes bancaires. Cette situation entrave leur accès aux services de crédit offerts par les institutions financières. Par ailleurs, l'étude a rendu possible la mise en place d'un outil destiné à la conception, au traitement et à la publication de cartes de géolocalisation des AVEC. Cet outil permet également d'évaluer la proximité géographique des associations par rapport aux institutions financières. En termes de perspectives, la mise en œuvre d'un projet pilote d'inclusion financière ciblant les AVEC de la région est envisagée.

Dans le cadre de la promotion de l'éducation financière, l'Agence de Promotion de l'Inclusion Financière a organisé une campagne d'éducation financière à l'attention des agents du Ministère des Finances et du Budget, qui s'est déroulée du 29 février au 5 mars 2024. Cette formation avait pour objectif de sensibiliser les participants aux bonnes pratiques en matière de planification financière et de gestion budgétaire. Au total, cent quarante-sept (147) agents du Ministère ont bénéficié de cette formation. Une autre campagne de formation portant sur les thématiques de l'épargne, du crédit et de l'utilisation des services financiers numériques a été organisée au profit des femmes. Ces formations ont rassemblé environ 1 000 femmes issues des communes d'Abobo, de Koumassi, de Port-Bouët, de Treichville et de Yopougon.

Guinée-Bissau

Dans le contexte de l'avancement de la digitalisation des services publics, le Gouvernement de la Guinée-Bissau, en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le Développement, a tenu une Conférence internationale sur le thème : “Guinée-Bissau numérique : moteur de la transformation digitale”, qui s'est déroulée du 11 au 13 juin 2024, à Bissau. Cet événement a rassemblé plus de 400 participants issus des secteurs public, privé, académique, ainsi que des acteurs de la société civile, nationaux et internationaux, afin d'examiner l'incidence de la digitalisation sur la croissance économique, la gouvernance et l'inclusion sociale.

Cette conférence a permis un dialogue approfondi entre les parties prenantes sur les enjeux et les défis à surmonter pour faire de la transformation digitale un instrument essentiel au service de l'amélioration de la qualité de vie des citoyens.

En outre, le pays a été l'hôte de la 10ème édition du Salon des Banques et des PME de l’UEMOA, qui s'est tenue du 6 au 10 novembre 2024 à Bissau. Placé sous le thème “Objectifs de développement durable (ODD) et transformation structurelle des économies africaines : Rôle des PME de l’UEMOA”, cet événement a rassemblé de nombreux acteurs publics et privés de l’UEMOA. Son objectif principal était de débattre du rôle essentiel des PME en tant que catalyseurs de changement et de croissance économique durable au sein de l’Union, ainsi que d'étudier les opportunités de financement et de partenariats stratégiques.

Les discussions ont souligné les obstacles à l'accès au financement bancaire rencontrés par les PME. Les banques, pour leur part, ont évoqué, parmi les difficultés observées, des lacunes en matière d'organisation et de gouvernance d'entreprise, un manque de clarté concernant la stratégie et les opérations des PME, une insuffisance de fonds propres, le non-respect des obligations de remboursement des prêts et l'utilisation inappropriée des fonds alloués aux projets. Quant aux PME, elles ont fait état, entre autres, de la complexité des procédures, d'une prise en compte insuffisante de leurs particularités et d'une focalisation excessive des Institutions sur les garanties, au détriment de l'évaluation du potentiel des activités à financer.

Les recommandations issues du Salon concernent principalement le renforcement des initiatives de soutien aux PME afin de leur permettre de mieux tirer parti des opportunités de croissance et d'accès au marché, l'appui et le renforcement des capacités des structures d'accompagnement et des associations de PME, l'établissement de partenariats entre les Institutions financières et les fonds de garantie pour accroître le financement des PME, et la promotion d'une gestion rigoureuse et transparente des PME, afin de renforcer la confiance des investisseurs et partenaires.

Mali

L’année a été marquée, au Mali, par la mise en œuvre de plusieurs actions de formation en éducation financière et de sensibilisation des populations. Au nombre de celles-ci, il peut être cité, notamment : la session de formation sur la promotion du dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, organisée par la Cellule nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF) au profit des acteurs des institutions de microfinance, en mars 2024 ; et la tenue, le 11 juillet 2024, d'un atelier de sensibilisation sur la finance solidaire, en vue de promouvoir l’inclusion financière des populations vulnérables ; ainsi que l’organisation, le 17 septembre 2024, par le Projet de Promotion de l’Accès au Financement, de l’Entrepreneuriat et de l’Emploi au Mali (PAFEEM), d’un atelier d’information et de sensibilisation sur l’éducation financière, destiné aux enseignants de la région de Koulikoro. Cette première session a réuni 75 participants issus des ordres d’enseignement fondamental et secondaire, dont 30 % de femmes.

Les initiatives ont également porté sur la distribution de livrets d’éducation financière aux bénéficiaires de crédit par Baobab SA.

En outre, dans le but de promouvoir la digitalisation des opérations financières, certaines institutions de microfinance, en partenariat avec des FinTech, ont mis en place des solutions bank to wallet, afin de simplifier les échanges entre les comptes bancaires et les portefeuilles électroniques. Ces initiatives ont pour objectif de proposer des options alternatives commodes et promptes aux usagers.

Niger

Au Niger, l’année a été marquée par l’organisation, le 15 octobre 2024, d’un atelier relatif au partage des résultats de l’évaluation de l’économie numérique du pays basée sur l'outil Inclusive Digital Economy Scorecard (IDES). L’atelier, qui a été co-organisé par le Secrétariat Exécutif de la Stratégie nationale de finance inclusive et UNCDF, avait pour objectif de partager les résultats de ladite évaluation au titre de l’année 2022, de discuter des enjeux et défis, ainsi que de définir les priorités et actions à entreprendre pour accélérer le développement de l'économie numérique au Niger.

L'évaluation a mis en évidence que la numérisation de l'économie au Niger, bien qu'ayant connu une progression notable, se situe à un niveau embryonnaire, n'intégrant que 36% de la population et 41% des Petites et Moyennes Entreprises (PME). Les recommandations issues de cette évaluation ont préconisé le renforcement des réformes et des investissements pour soutenir les initiatives de digitalisation, l'appui au secteur privé dans l'extension des services numériques destinés au grand public, l'amélioration des infrastructures de télécommunication et financières, ainsi que le développement des compétences fondamentales, notamment l'alphabétisation numérique et financière des populations, en particulier celles résidant dans les zones rurales.

Par ailleurs, dans le cadre de la promotion de la finance islamique, le Ministère des Finances a créé, par Arrêté N°446/MEF/SG/SE-SNFI du 17 octobre 2024, un 5ème Guichet au sein du Fonds de Développement de la Finance Inclusive, dédié au financement des opérations de la finance islamique. Ce nouveau dispositif a pour objectif de proposer des produits et services financiers conformes aux principes de la finance islamique.

L'Observatoire de la Qualité des Services Financiers du Niger (OQSF-NE) a conduit, du 25 novembre au 6 décembre 2024, une campagne de sensibilisation et d'information dans les régions de Birni N'Gaouré, de Gaya, de Keita et de Madaoua. Cette mission avait pour objectif principal de promouvoir la connaissance de la Structure et de recueillir les attentes et préoccupations des consommateurs et des prestataires de services financiers, en lien avec les attributions de l'Observatoire. Cette campagne a permis de sensibiliser environ 280 personnes, issues de divers secteurs socio-professionnels, sur les missions et le fonctionnement de l'Observatoire.

Par ailleurs, l'OQSF-NE a organisé, le 24 décembre 2024, une réunion de validation des résultats de l'enquête sur l'utilisation des guichets automatiques bancaires/distributeurs automatiques de billets (GAB/DAB) au Niger. Cette enquête, menée par l'Institut National de la Statistique, visait à déterminer la répartition des GAB/DAB dans le pays, à évaluer le niveau d'utilisation des cartes bancaires ainsi que la satisfaction des clients, et à comprendre les raisons de leur faible utilisation. Cette réunion a rassemblé de nombreux acteurs du secteur financier, notamment le Ministère des Finances, les institutions bancaires et les associations de consommateurs.

Les résultats de l’enquête ont mis en évidence une disparité significative dans la répartition géographique des GAB/DAB, avec une concentration notable dans la capitale Niamey (70%), et l’utilisation des cartes bancaires, dominée par les hommes, avec 77,8%, contre 22,2% pour les femmes. Les recommandations découlant de l’étude portent sur l’amélioration de la couverture territoriale des GAB/DAB, la maintenance régulière des équipements et le renforcement de la sensibilisation et de l’éducation financière des populations.

Sénégal

Au Sénégal, le Comité de Coordination et de Suivi de la Stratégie nationale d’inclusion financière a examiné et adopté, lors de sa session du 6 juin 2024, le Programme national d’éducation financière. Ce document stratégique, dont la mise en œuvre s’étend de 2025 à 2029, a pour vision « Des citoyens sénégalais financièrement autonomes et responsables pour une société inclusive et équitable par la diffusion de connaissances et l’apprentissage de bonnes pratiques ». Il cible principalement onze (11) groupes bénéficiaires, parmi lesquels figurent les élèves et étudiants, les populations actives, les populations en milieu rural, les femmes et les Petites et Moyennes Entreprises (PME). Le Programme national d’éducation financière est structuré autour de trois (3) axes principaux, à savoir (i) la formation en éducation financière des élèves, des apprenants et des étudiants de l’enseignement général et technique, (ii) le renforcement des connaissances en éducation financière des populations en dehors de l’école et (iii) le renforcement des capacités en éducation financière des PME.

L'Observatoire de la Qualité des Services Financiers (OQSF) a également poursuivi la mise en œuvre de plusieurs initiatives visant à promouvoir l’éducation financière, la sensibilisation des populations et le renforcement de la protection des consommateurs. Au nombre de celles-ci, il pourrait être cité :

  • la campagne de sensibilisation et d’éducation financière et numérique, qui s’est déroulée du 21 au 24 juillet 2024 à Ziguinchor, et dont l’objectif était de promouvoir l’utilisation responsable des services financiers numériques ;
  • la diffusion de messages radiophoniques, entre novembre et décembre 2024, portant sur les fondamentaux de l’éducation financière et entrepreneuriale, et destinés aux jeunes, femmes et travailleurs indépendants dans les localités de Bambilor, de Grand-Yoff, de Mbour, de Rufisque, et de Saint Louis.

Togo

En 2024, les initiatives de promotion de l’inclusion financière ont été marquées par des échanges visant le renforcement du secteur de la microfinance et la promotion de la digitalisation des opérations de ces institutions.

Concernant le renforcement du secteur de la microfinance, l’Association Professionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés a tenu un atelier de formation sur le thème “Quelle posture pour une gouvernance de qualité dans les IMF du Togo ? ”, du 19 au 22 novembre 2024. Cet atelier, qui a réuni plusieurs responsables d’institutions de microfinance, avait pour objectifs de permettre aux participants de saisir le rôle des managers dans la qualité de la gouvernance, de comprendre les nouveaux enjeux réglementaires et le rôle des dirigeants dans leur mise en œuvre, ainsi que d’examiner les nouveaux enjeux technologiques pour améliorer la gouvernance.

Relativement à la promotion de la digitalisation des opérations des institutions de microfinance, la Confédération des Institutions Financières (CIF) a organisé un atelier de capitalisation du projet de Digitalisation des Coopératives et Mutuelles Financières en Afrique de l’Ouest (DigiCoop-WA), du 2 au 5 décembre 2024. Cet atelier, portant sur le thème “Transformation digitale des coopératives financières - Quelles stratégies post projet DIGICoop-WA pour pérenniser les acquis et mieux servir les populations à la Base ?”, visait à communiquer les résultats de l’évaluation, les bonnes pratiques et les enseignements tirés de DigiCoop-WA à l’ensemble des parties prenantes afin de favoriser l’apprentissage et l’amélioration de la qualité des actions futures, d’une part, et, discuter de solutions durables qui permettraient de maintenir les acquis du projet pour mieux répondre aux besoins des populations locales, d’autre part.

Au niveau régional

Au niveau régional, les actions de promotion de l’inclusion financière ont porté sur (i) la mise en œuvre du programme régional d’éducation financière, (ii) la promotion des innovations financières et de la digitalisation des services financiers dans l’UEMOA, ainsi que (iii) les travaux de révision de la Stratégie régionale.

Mise en œuvre du programme régional d’éducation financière

L’année 2024 a été consacrée à l’élaboration des cours et des modules d’éducation financière en faveur des cibles. Au total, cent quatre vingt six (186) leçons et modules d’éducation financière ont été élaborés et validés. Cette importante étape sera suivie de l’organisation des sessions de formation des formateurs, en vue de constituer un pool d’animateurs en éducation financière dans l’UEMOA.

En outre, le document de Stratégie de communication pour l’éducation financière et son plan d'actions ont été finalisés. Au titre des réalisations, il peut être cité la conception d’un site internet ainsi que la conception d’un emblème devant servir d'identité visuelle pour la campagne d’éducation financière. Dans la perspective de la campagne de communication dont le démarrage est prévu au cours de l’année 2025, 25 langues, incluant le français, le portugais et 23 langues locales parlées dans les pays de l’Union ont été retenues pour la diffusion des messages.

Promotion des innovations financières et de la digitalisation des services financiers dans l’UEMOA

L’adoption de l'Instruction n°001-01-2024, du 23 janvier 2024, relative aux services de paiement dans l'Union Monétaire Ouest Africain est une initiative clé pour stimuler les innovations financières et l'essor des FinTech. L’objectif de ce texte est de promouvoir des services de paiement innovants, tels que l'acquisition et l'initiation de paiements, ainsi que l'agrégation de comptes. La mise en œuvre de cette instruction devrait contribuer à renforcer la confiance des utilisateurs des services financiers numériques, tout en contribuant à assainir le secteur des paiements numériques dans l’UEMOA.

Travaux de révision de la Stratégie régionale d’inclusion financière

Au cours de l’année 2024, la BCEAO a poursuivi les travaux de révision de la Stratégie régionale d’inclusion financière dans l’UEMOA. Ces travaux, lancés en 2022, avec la réalisation du bilan d’exécution du plan d’actions, ont été marqués par l’organisation d’ateliers de concertation nationaux et régional, ainsi que l’élaboration du projet de nouveau Document-cadre de Politique et de Stratégie régionale d’inclusion financière dans l’UEMOA.

S’agissant des ateliers nationaux de concertation, ils ont été organisés au cours de la période du 24 juin au 24 juillet 2024 dans les Etats membres. Ces rencontres, qui ont réuni plus de cinq cent quarante (540) participants, avaient pour objectif de permettre aux parties prenantes clefs de l’inclusion financière, de discuter des orientations ainsi que des mesures et des actions à déployer pour améliorer l’accès et l’utilisation des services financiers par les populations et les petites et moyennes entreprises.

Ainsi, elles ont été l’occasion d'aborder, dans chaque Etat, les thématiques relatives à l’inclusion financière des micros, petites et moyennes entreprises (MPME), à l’accès des groupes vulnérables (femmes, jeunes, populations rurales), aux services financiers, l’éducation financière et à la protection des consommateurs, les services financiers numériques, la réglementation et la supervision du secteur financier ainsi que le financement des initiatives d’inclusion financière.

Sur la base des enseignements tirés du bilan de mise en œuvre du plan d’action et des contributions issues des consultations nationales et des acteurs impliqués dans la mise en œuvre de la stratégie, un projet de Document-cadre révisé a été élaboré. La nouvelle Stratégie vise principalement à atteindre, d’ici 2030, un taux d’utilisation de services financiers adaptés et abordables, par au moins 90% de la population adulte de l’UEMOA. Le document propose une vision stratégique actualisée et des orientations pour la période 2025-2030, en tenant compte des enjeux et des défis de l’inclusion financière dans l’Union.

Le nouveau projet de Document-cadre de Politique et de Stratégie Régionale a été présenté lors de l’atelier régional de concertation, qui s’est tenu du 29 au 31 octobre 2024, au Siège de la BCEAO. Cette rencontre, qui a réuni cent six (106) personnes issues de structures nationales et internationales de promotion de l’inclusion financière, a permis de discuter de l’avenir de l’accès et de l’utilisation des services financiers dans l’UEMOA. Les recommandations formulées lors de cet événement ont contribué à enrichir et à finaliser le Document-cadre.

Défis à relever

L'amélioration de l'accès et de l'utilisation des services financiers pour une part importante de la population de l'Union, en particulier les personnes à faible revenu, reste une priorité pour les Autorités. Dans cette perspective, de nombreuses initiatives ont été entreprises ces dernières années, aboutissant à des avancées notables. En effet, depuis l’adoption de la première Stratégie régionale d’inclusion financière en 2016, le taux d’inclusion financière a enregistré une hausse de 26,6 points de pourcentage pour se situer à 73,6% en 2024.

Toutefois, en dépit des avancées notables, plusieurs défis persistent. Ils sont relatifs, entre autres à :

  • l’éducation financière et numérique des populations, en vue de contribuer à une utilisation efficace des services financiers ;
  • l’interopérabilité des services financiers numériques, afin de faciliter l'offre, d’assurer la mutualisation des plateformes entre tous les émetteurs bancaires et non bancaires et d’élargir le réseau d'acceptation et de distribution ;
  • la disponibilité de données désagrégées selon le genre, la catégorie socioprofessionnelle et le lieu d’habitation, en vue d’améliorer la qualité des décisions de politiques en faveur de l’inclusion financière.

L’adoption de la nouvelle Stratégie régionale d’inclusion financière devrait adresser ces défis et soutenir la mise en œuvre des projets engagés pour renforcer le niveau d’accès et d’utilisation des produits et services financiers par les populations de l’Union.

Perspectives

La BCEAO devrait poursuivre, en 2025, les actions engagées pour le renforcement de l’inclusion financière. Dans cette dynamique, les actions devraient porter, notamment sur (i) le renforcement de la connaissance de la situation de l’inclusion financière, (ii) l’interopérabilité des services financiers numériques, (iii) la promotion des innovations financières, (iv) le programme régional d’éducation financière et (v) la stratégie régionale d’inclusion financière.

Dans le cadre du renforcement de la connaissance de la situation de l’inclusion financière, les travaux des études de référence sur l’offre et la demande des services financiers dans l’UEMOA seront poursuivis, avec la collecte de données de l'enquête auprès des populations et des prestataires de services de l’Union.

S’agissant de l’interopérabilité des services financiers numériques, il est envisagé la poursuite de la phase pilote de la plateforme interopérable qui devrait aboutir au lancement officiel de la Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané (PI-SPI) dans l’UEMOA. En outre, il est prévu le lancement d’une campagne de communication pour accompagner l’adoption de la plateforme par les acteurs, en particulier les usagers des services financiers.

En matière de promotion des innovations financières, l'opérationnalisation du Laboratoire d’Innovation Financière (LIF) devrait être finalisée. Ce dispositif a été conçu pour constituer un cadre propice au développement des initiatives innovantes et contribuer à une meilleure intégration des FinTech dans le système financier régional.

Relativement au programme régional d’éducation financière, l’année 2025 devrait être marquée par l’organisation des sessions de formation des formateurs dans les différents Etats membres de l’Union. Par ailleurs, le déploiement de la campagne de communication en matière d’éducation financière devrait être lancé au cours de l’année.

Enfin, en ce qui concerne la nouvelle Stratégie régionale d’inclusion financière, son adoption par le Conseil des Ministres, son lancement officiel, son opérationnalisation, ainsi que le démarrage de sa mise en œuvre devraient intervenir au cours de l’année 2025. Dans cette perspective, une table ronde des bailleurs de fonds pour la mobilisation des ressources nécessaires au financement de la stratégie serait organisée.

Au niveau des Etats membres, la mise en œuvre des stratégies nationales d’inclusion financière devrait se poursuivre.

En conclusion, la BCEAO indique que le paysage financier de l’UEMOA a maintenu son dynamisme, grâce aux efforts conjugués des parties prenantes, notamment au niveau des Etats et de la BCEAO.

Au titre des initiatives de portée nationale, plusieurs actions de promotion de l’éducation financière et de sensibilisation des populations ont été menées. Elles devraient renforcer l’utilisation efficace et responsable des services financiers par les usagers.

La Banque Centrale, pour sa part, a poursuivi la mise en œuvre des actions inscrites dans le plan d’actions de la Stratégie régionale d’inclusion financière, à travers le Programme régional d’éducation financière, la promotion des innovations financières et la finalisation des travaux de révision de la Stratégie.

S’agissant de la formation du taux d’inclusion financière, le secteur de la monnaie électronique et les technologies innovantes ont continué d'être les principaux catalyseurs du développement de l’inclusion financière. Les stratégies digitales, adoptées par les fournisseurs de services financiers, singulièrement les banques et les systèmes financiers décentralisés, ont contribué à améliorer l’accès et l’utilisation des services financiers par les populations de l’Union.

Les perspectives, relatives notamment à l’adoption de la nouvelle Stratégie régionale d’inclusion financière et la poursuite de la mise en œuvre des projets engagés, devraient contribuer à relever le niveau d’accès et d’utilisation des produits et services financiers par les populations de l’Union. "