CONGO | LUTTE CONTRE LE FINANCEMENT DU TERRORISME : Une formation de l’ANIF sur les enquêtes financières et la judiciarisation du renseignement


Par DMF |


Une série de formations destinée à renforcer les capacités de l'Agence nationale d'investigation financière (ANIF) face au financement du terrorisme s'est achevée fin juin 2026, après deux semaines d'intenses travaux. Placée sous l'égide de l'ANIF et soutenue par le projet SecFin Africa, cofinancé par l'Union européenne et mis en œuvre par Expertise France, la GIZ, CIVIPOL et la FIIAPP, cette initiative a permis de former une vingtaine d'enquêteurs, d'officiers de police judiciaire et de magistrats aux techniques d'enquête sur les flux financiers illicites, au financement du terrorisme et à la judiciarisation du renseignement.

le Directeur général de l’ANIF, M. Fred Ursus Otsoa Andely et les experts (c)

La première session, qui s'est déroulée du 8 au 13 juin 2026 à Brazzaville, a été suivie par deux autres modules, soit une formation destinée aux magistrats sur la lutte contre le blanchiment de capitaux (10 au 12 juin), puis une session consacrée à la saisie, la confiscation et le recouvrement des avoirs criminels (15 au 19 juin). L'ensemble de ces formations, désormais achevées, s'inscrit dans un vaste programme prévu sur la période 2026-2028.

Lors de la cérémonie d'ouverture, le directeur général de l'ANIF, M. Fred Ursus Otsoa Andely, avait tenu un discours à la fois lucide et mobilisateur. Reconnaissant sans détour que « la coordination fait encore défaut dans notre pays », il avait appelé l'ensemble des acteurs de la chaîne pénale – enquêteurs, magistrats, analystes financiers – à agir de manière concertée et décloisonnée.

Pour lui, le renseignement financier, lorsqu'il est correctement exploité, analysé et judiciarisé, constitue un levier décisif pour identifier les circuits criminels et priver les réseaux terroristes des ressources qui alimentent leurs activités. Il avait insisté sur la nécessité de développer ce réflexe de l'enquête financière à tous les niveaux de la chaîne pénale, de la détection des flux suspects jusqu'à la saisie des avoirs criminels devant les juridictions compétentes. M. Otsoa Andely avait également souligné l'importance de la coopération interinstitutionnelle et internationale dans ce combat, rappelant que la République du Congo, bien que non directement frappée par le terrorisme, reste exposée aux risques liés à la proximité avec des zones de conflits actifs.

La représentante de l'Union européenne, qui était également intervenue, avait salué l'engagement constant des autorités congolaises dans le renforcement du dispositif national de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Elle avait mis en lumière l'approche de type « Team Europe » mobilisant l'expertise de la France, de l'Allemagne, de l'Espagne et de la Suède à travers leurs agences spécialisées respectives, et rendu hommage à la contribution de l'Italie, dont l'ambassade à Brazzaville a soutenu l'initiative SPHINX consacrée à la judiciarisation du renseignement antiterroriste.

Ces sessions désormais closes traduisent une ambition commune, à savoir hisser le Congo aux standards internationaux du GAFI en matière de lutte contre la criminalité financière. Le programme de formation, qui se poursuivra jusqu'en 2028, a ainsi fait ses premiers pas concrets avec la participation active de l'ensemble des professionnels de la chaîne pénale congolaise.