GUINEE EQUATORIALE : La BEAC forme les cadres équato-guinéens aux techniques du marché régional des titres du Trésor


Par DMF | 


La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a ouvert, le lundi 6 juillet 2026 pour une durée de deux semaines, jusqu'au 17 juillet 2026, une session de formation intensive à l’intention d’une première promotion de cadres du Trésor public de Guinée équatoriale. Organisée au siège de l’institution à Yaoundé, cette immersion opérationnelle vise à renforcer et professionnaliser la gestion des émissions souveraines par la Guinée Equatoriale sur le marché régional des valeurs du Trésor.

Pendant ces dix jours de formation intensive, les participants équato-guinéens sont plongés au cœur de l’ensemble de la chaîne opérationnelle relative aux titres publics. Le programme, extrêmement dense, combine des enseignements théoriques pointus, des études de cas pratiques inspirés des situations vécues par les États membres, ainsi que des ateliers collaboratifs avec les experts de la Banque centrale. 

En pratique, les modules abordés couvrent des thématiques variées et essentielles, les experts planchent ainsi sur les techniques avancées d’émission des bons du Trésor et des obligations assimilables du Trésor (OAT), les stratégies de gestion active de la dette (notamment l'arbitrage entre taux fixes et variables), et l’utilisation optimale de la plateforme informatisée DEPO/X. Ce système, véritable colonne vertébrale des adjudications dans la zone, permet la dématérialisation totale des opérations, garantissant transparence et célérité dans la mise en concurrence des soumissionnaires.

Au-delà des aspects purement techniques, la formation insiste sur la gouvernance interne notamment l'organisation des services comptables du Trésor, la gestion des risques de refinancement et de liquidité, la transparence financière, et construction d’une relation de confiance durable avec les investisseurs institutionnels (banques commerciales, compagnies d’assurances, fonds de pension).

Des échanges avec les pairs et les acteurs du marché

Dans l'idée de décloisonner les savoirs et d’ancrer l’apprentissage dans la réalité régionale, la BEAC a également prévu une série d’échanges hors les murs. Les cadres équato-guinéens auront l’opportunité de rencontrer leurs homologues du Trésor public du Cameroun, considéré comme l’un des émetteurs les plus actifs et les plus rodés de la zone CEMAC. Ces séances de pair-à-pair permettront d’aborder les défis quotidiens de la gestion de trésorerie, la gestion des pics de remboursement, mais aussi les stratégies de communication financière en période de tensions sur les marchés.

Par ailleurs, des rencontres sont organisées avec les services spécialisés de la BEAC chargés de la surveillance des marchés, ainsi qu’avec des intervenants clés du secteur bancaire régional. Ces interactions doivent permettre aux participants de mieux appréhender les attentes des investisseurs en termes de rendement, de liquidité et de sécurité juridique, autant de facteurs qui influencent directement le prix des émissions souveraines et, par conséquent, le coût du crédit pour l’État.

Un catalyseur pour l’intégration et la convergence financière

Pour la BEAC, cette opération de coopération technique ne saurait se réduire à un simple transfert de compétences mais elle doit s'inscrire dans une vision stratégique plus large visant à consolider l’intégration financière régionale. En homogénéisant les pratiques entre les États membres, l’institution monétaire pose les jalons d’un marché unique des capitaux plus liquide, plus résilient et capable de rivaliser avec les places financières extérieures.

En tout état de cause, les retombées attendues de cette professionnalisation sont multiples et tiennent à court terme, à optimiser la trésorerie de l’État équato-guinéen et améliorer la qualité de ses émissions, ce qui devrait se traduire par une réduction des primes de risque exigées par les investisseurs. À moyen et long terme, le renforcement des capacités opérationnelles doit favoriser la diversification de la base investisseurs, attirer des capitaux frais et accélérer la mise en œuvre des plans nationaux de développement (PND), qui peinent souvent à trouver leur financement.